[ vendredi 5 juin 2009 - sf, lectures]
Claude Ecken
J'ai rencontré Claude Ecken chez mon libraire favori il y a quelques temps. Ce devait être un samedi, et comme il m'arrive souvent, je flânais dans les rayons, retardant comme par un fait exprès le moment de m'approcher de celui qui est consacré à la science-fiction et à la fantasy, tenu par les sieurs GardaKan et Mordak, déjà évoqués ici-même.
Il se trouve que les deux étaient trois, et que le troisième, debout devant une petite table chargée de livres, tenait un verre de bière auquel il faisait de régulières ponctions, tout en devisant avec Mordak. C'était Claude Ecken, venu fêter la parution de son dernier recueil de nouvelles et présenter ses auteurs favoris. Inutile de dire que je restais une bonne heure de plus que prévu chez mon libraire, et discutais avec plaisir des auteurs choisis par l'ami Claude, dont beaucoup agrémentent également les rayons de ma bibliothèque. Toutefois, je quittais les lieux sans acquérir les nouvelles de Claude, dans l'idée de préférer le format de poche lorsqu'il serait disponible.
C'est désormais chose faite, et j'ai lu avec grand plaisir ce recueil. Le thème général est celui d'une anticipation un peu pessimiste (ou réaliste, en quelque sorte), mais chaque nouvelle dispose d'un "univers" qui lui est propre. Certaines sont peu développées, d'autres plus longues, et il est amusant de se mettre à la place de l'auteur pour savoir si l'on aurait fait les mêmes choix. En ce qui me concerne, j'ai regretté que "Les déracinés" ne fasse pas l'objet d'un traitement plus approfondi. En revanche, aucune des nouvelles les plus longues ne me parait souffrir de trop d'embompoint.
J'ai particulièrement apprécié "Fantômes d'univers défunts", "Éclat lumineux du disque d'accrétion" et "La fin du Big Bang". Les deux dernières auraient pu à mon sens faire chacune un roman, car les univers décrits comme les protagonistes sont suffisament solides et cohérents pour cela. Enfin, une mention spéciale à "En sa tour, Annabelle" et à la délicate poésie de ses aphorismes mécaniques : "la permanence des songes appartient à la faculté de l'inutile".
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